Vertus du désordre dans les systèmes cognitifs : 3 points de vue

20 Nov

Mercredi 20 novembre 2013, 8 h30 – 12 h30, ISH

Vertus du désordre dans les systèmes cognitifs : 3 points de vue

Bernard Cadet, professeur émérite, Centre d’Études sur les Risques et Vulnérabilités, Université de Caen Basse Normandie

Le désordre, allié méconnu et mésestimé dans le traitement des systèmes complexes évolutifs  ?

Le désordre a mauvaise réputation : celle de conduire à l’échec. Pourtant, qui d’entre nous n’est pas en mesure d’évoquer des situations dans lesquelles une issue positive a finalement été atteinte grâce aux apports (non sollicités) du désordre ? Cette simple observation conduit à poser que le « désordre » recèle des informations importantes qui initialement n’étaient pas prises en considération. L’étude du désordre comme « allié méconnu et mésestimé» dans l’élaboration des conduites est particulièrement féconde à entreprendre dans la gestion cognitive de systèmes complexes évolutifs (SCE). Quelles actions et quelles stratégies choisir lorsqu’il s’agit de traiter une situation où interagissent, sous des formes différentes, plusieurs variables ? Les Sciences Cognitives ont souligné que, contrairement à une idée répandue, la gestion des SCE n’est pas réservée à des situations exceptionnelles mais qu’elle se trouve mise en œuvre dans la construction de conduites qui peuvent être parfaitement courantes mais aussi exceptionnelles, dès lors qu’elles sont évolutives et « ajustables ». La perception visuelle, le langage, la conduite automobile ou celle d’un aéronef, la gestion d’un site industriel, d’une situation de crise (entre autres exemples) relèvent de cette caractérisation.

En quoi, sous quelles formes et dans quelles conditions, le désordre réputé perturbateur, peut-il favoriser la réalisation de telles conduites ? Comment peut-il être contrôlé et géré par l’opérateur humain ? Augmente-t-il ou diminue-t-il l’incertitude ?, etc. La communication présentée se propose d’illustrer à l’aide de quelques situations, les aspects positifs du désordre puis d’examiner le statut que lui ont attribué différentes disciplines ayant eu à en traiter, avant d’envisager ses modes de relation avec l’ordre et les problèmes qu’il génère au niveau de la cognition. L’étude du désordre comme source d’informations soulève aussi des questions épistémologiques quant aux processus de production des connaissances et conduit à déterminer de nouvelles positions épistémologiques et méthodologiques dans lesquelles les « données du champ » trouvent une importance nouvelle.

Dr Yves-Claude BlanchonMédecin Chef de 
Service de Psychopathologie de l’enfant  et de l’adolescent, Hôpital Nord CHU de Saint-Etienne

Aspects conatifs de la prise de conscience de l’erreur par le jeune enfant.

L’erreur est  inévitable dans tout processus d’apprentissage heuristique corrélativement à la mise en place progressive de l’autocorrection. Ce processus est au centre des microgenèses cognitives du très jeune enfant ayant un développement normal. Lors de l’entrée dans les apprentissages scolaires ces erreurs sont disqualifiées sur le plan éducatif en « fautes » génératrices d’inhibition et d’évitement cognitif.

L’auteur propose d’y réfléchir autour de trois niveaux de contrainte :

  • La première liée au développement : la contrainte logique
  • La seconde de nature conative : la modulation du temps logique : il y a gros à penser .
  • La troisième de nature interactionnelle : l’emprise éducative et familiale : souffler n’est pas jouer.

L’organisation de la pensée logique, à l’âge de la maternelle, ne peut se concevoir en dehors du champ des interactions de l’enfant avec ses partenaires. Quels éclaircissements réciproques les recherches développementales et la compréhension psychopathologique apportent-elles à la compréhension de la prise en compte de l’erreur dans les difficultés d’apprentissage du jeune enfant ?

Louis Frécon, professeur honoraire, LEACM, Lyon

La confrontation dans l’évolution des systèmes cognitifs

Soumis à l’apparent désordre des informations entrantes, l’évolution des systèmes cognitifs est fondamen-talement liée à leur méta-connaissances, dont la puissance et l’adéquation peuvent seules garantir la congruence du système à un environnement, qui peut être riche et changeant.

Du fait de la capacité limitée des systèmes, ces méta-connaissances sont soumises aux exigences de l’économie cognitive. Dans ce cadre, et en fonction du penchant du système pour la consistance, ces méta-connaissances doivent exploiter chaque type de confrontation entre le système et son environnement, aussi bien pour permettre le développement des représentations et des processus, que pour assurer leur ajustement à la situation environnante. Le résultat peut s’interpréter en termes de niveau de maintenance du système cognitif par lui-même.

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